Le cannabis reconnu d’utilité médicale par l’ONU

La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND) a approuvé la reclassification du cannabis et de sa résine dans les conventions internationales. Une modification qui permet désormais la reconnaissance de son utilité médicale, bien que le cannabis et ses dérivés soient toujours considérés comme des substances favorisant l’abus.

Un vote très serré

Avant le vote qui a eu lieu début décembre, le cannabis était classé dans l’annexe IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, la catégorie la plus restrictive. Celle-ci liste les substances qui favorisent très fortement l’abus et n’ont que très peu d’intérêt médical, voir pas du tout. Le cannabis ne fait désormais plus partie de cette catégorie. La modification s’est opérée de justesse après un vote très serré, lors de la 63ème session de la CND, où l’on a compté 27 voix pour, 25 contre et 1 abstention. Le CND a donc suivi l’avis de l’OMS, qui a demandé, preuves scientifiques à l’appui, d’enlever le cannabis de l’annexe IV suite à son véritable intérêt médical.

C’est un changement majeur, étant donné qu’il sera désormais possible d’utiliser le cannabis pour fabriquer des médicaments, sans que l’ONU ne s’y oppose, comme l’indique le site Cannabis France. C’est déjà le cas, par exemple, de l’opium ou de la morphine. La décision est historique, c’est la première fois depuis 1916 que l’on reconnaît au niveau international l’intérêt thérapeutique du cannabis.  Les 5 autres recommandations de l’OMS qui avaient été soumises au vote n’ont, par contre, pas été retenues, notamment la demande de ne pas considérer le CBD (différent du THC) comme un stupéfiant.

Les ONG espèrent plus de reconnaissance dans l’avenir

Les militants restent cependant encore sur leur faim. L’International Drug Policy Consortium (IDPC), qui comporte dans ses rangs pas moins de 192 ONG, s’étonne de ce reclassement. L’annexe I, l’endroit où le cannabis va désormais figurer, comporte un nombre important de drogues beaucoup plus dangereuses que lui. Pour Martin Jelsma, directeur du programme Drogues et Démocratie à l’ONG Transnational Institute, les instances internationales sont trop rigides. Quant à la convention de 1961, c’est un « instrument brutal et daté ». Les ONG reprochent un calcul politique, plus que scientifique, les preuves apportées par l’OMS étant édifiantes quant à l’utilité du cannabis thérapeutique et la non-dangerosité du CBD.

Du côté Français, une expérimentation médicale d’envergure sur 3 000 patients doit débuter en mars 2021, pour une durée de deux ans. Cette étude aura pour objet de déterminer la pertinence et la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à usage médical, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Le vote à l’ONU, même s’il limite toujours l’utilisation du cannabis, pourrait bien aider à faire évoluer les choses en France concernant le cannabis thérapeutique.

 

 

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